Chroniques d’HP III

 

Chroniques d'HP III dans Chroniques bipolaires chroni11
by Hizzer ©

 
 

C’est sans l’ombre d’une épaule que j’arrive en ces lieux une fois encore
Mes paupières ruissellent de douleur tandis que j’esquisse d’un doigt distrait
ton prénom
sur la buée de ma bulle en désordre fragile

Ici
et tout paraît insurmontable
Un univers flou, impitoyable, qui met à vif toute plaie
toute laideur
Réveille les cicatrices engourdies

Les larmes restent immobiles un instant
au bord du cœur
prêtes à déborder sur chaque recoin où se pose mon regard emprisonné

Espace confiné, concentré de cris muets
Souffrances inavouables qui rasent les murs
Ici
peuplé de miroirs où hurle à l’unisson mon infinité de reflets
explose ma bulle en collision avec la tristesse exagérée des couloirs
Ici
tout devient agressif
démesuré
exacerbé
Alors

Alors une fois de plus je voilerai les miroirs pour survivre
Je voilerai les miroirs

J’ai la résilience en deuil, une bougie que l’on éteint d’un soupir
Quand ma solitude danse
je reviens
voilée de ces ténèbres où les chiens fous attendent
en bordure toujours
En bordure
À
 l’opposé de toi, Lisa

Mon ruban de Möbius
mon labyrinthe de Salomon
Tout me ramène à cet endroit
L’usure du temps est palpable et scelle le destin des âmes perdues sur le fleuve tranquille de l’oubli
Ici
mon Léthé personnel

Mais
je n’ai plus à vivre dans cet hiver d’éternité
Je veux porter seule mon âme mutilée de par l’âpre univers où elle chavire
sans ancre

Aspirée
Dépouillée des sentiments dictés par la chimie hasardeuse qui me gouverne

j’écris sans plus savoir quoi ou comment
Chaque heure précieuse est volée à ma mémoire, comme si elle manquaient de place dans ce cerveau qui m’échappe
se retranche
s’évanouit
part
Dérobe ma vie

L’histoire de ma vie, ma présence ici
boucle insoluble
Labyrinthe
où divaguent les fantômes avides qui se pavanent dans mes peurs intimes
Douleur
qui oppresse le cœur
écrase les os
Mon histoire s’affole
ici

Mon regard pluvieux s’attarde sur les murs, tristement ornés d’œuvres des âmes vieilles
et bavardes qui habitent ces couloirs
et mystérieusement s’en retournent vers une enfance ambigüe et inquiétante
Papier mâché, collages malhabiles, aquarelles
Bavardages Bavardages
Bourdonne dans ma tête autant d’insanité

Et partout le poids pesant de leur multitude furtive revient de mon passé
Sans cesse recommencé
Sans cesse condamné

L’histoire de ma vie
Je suis fatiguée
L’histoire de mon austère maladie
toujours réinventée au gré d’humeurs labiles et imprévisibles
Histoire
discrètement implacable

Mais voyez
j’avance, pas mesuré, compté
impavide, tête levée
( Lisa, tu rôdes, ma sœur, tu rôdes)
Rester indemne aux yeux qui scrutent et questionnent
Mais voyons…
feu de simulacre, je reviens vers vous soumise
en réalité
Je reviens et tairai encore ce qui me phagocyte de l’intérieur
Recroquevillée sur moi-même, dérisoire effort pour disparaître dans ce mal invisible qui me ronge lentement
Lentement

Le verbe est impuissant, laissez l’encre le dire

Vous échouez à me rendre une âme neuve
nettoyée
Un cerveau rangé
Une raison de vivre la vie que je ne reconnais pas
que je ne décide plus

Que je ne veux pas

 
 

¤¤¤

 

Publié dans : Chroniques bipolaires |le 11 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez répondre, ou faire un trackback depuis votre site.

Laisser un commentaire

Impétuosité et Tremblements |
TIGRESSE BLEUE |
apprendre le français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Parcilha
| le sang coule du métier à t...
| La Tropicale.fr