Archive pour la catégorie 'Chroniques bipolaires'

Chroniques d’HP VII

 

Chroniques d'HP VII dans Chroniques bipolaires chroni10

 
 
La peur
La douleur
L’obscurité invisible qui pèse sur mon coeur 

Assez
C’est assez 

J’en peux plus du noir
Qui clame
Réclame
Dévore

Et j’en peux plus de cet endroit
Et pas même du soleil
Que filtrent les barreaux aux fenêtres sales
De l’ennui que suintent ces murs bariolés d’oeuvres démentes

Assez

C’est assez de la morsure des voix
Des rires
Qui déchirent mon cerveau

J’en veux plus 

Que l’on me donne l’ improbablement
Correct
Que j’y garde les mémoires de mes vies
Avant que la gangrène ne les prenne 

J’en peux plus
Des heures amnésiques qui se désolidarisent
De mon histoire
Défaite
Défaite

Surfaites les nuits insomniaques
Où je vacille sous le fardeau des marées indéfectibles
Qui m’épuisent
Et me damnent 

Condamnent
À frapper la tête contre tous les murs
Édifiés pour mieux m’enfermer dans mon silence
Assourdissant

Ne pas hurler
Ne pas parler de l’incompréhensible
Qui me réinvente à chaque faux pas 

La boucle qui ne m’esquisse que par ses métaphores
Attentives
À leurrer la surface de mon armure
Que survolent vos regards perpétuellement muets 

Assez

C’est pas normal de souffrir autant
De tout
De rien
J’en peux plus de vivre encore jusqu’à la mort.

 
 

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Stigmate – chroniques bipolaires

 

Stigmate - chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires stigma11
Monika Serkowska ©

 
 
Ton regard me connaît à peine
Que déjà tu inventes mon histoire
Sans savoir ce qui pèse sur mes soirs
Et comme les monstres savent dévorer sans haine 

Tu juges sans complaisance
Qu’un grand chagrin ne saurait naître
Du rien Et pas plus se repaître
À l’infini d’un vide immense 

Tu juges
Mais tu ne sais pas
Passe au large de moi 

Tu avises sans comprendre vraiment
Mon pas incertain qui chancelle
Et comme la vie me coupe les ailes
Me casse Me courbe Obstinément 

Le mépris de ton soupir me blesse
Quand exaspéré il m’effleure
Sans voir que doucement je me meurs
Et combien je la fais discrète cette détresse 

Tu juges Tu jauges
Tu ne sais pas
Passe Passe

Tu entends sans jamais saisir
Ma fièvre qui se perd, labile
Dans la fuite de ma pensée futile
Tandis que je peine à tout vouloir écrire 

Oui, j’ai la douleur bavarde parfois
Comment le dire puisque jamais tu n’écoutes
Que moi-même sombre dans le doute
Quand le grand silence jette son ombre sur moi 

Tu juges
Va
Tu ne sais rien

Des démons imbéciles qui festoient
Au moindre repli de ma mémoire
Jamais tu ne saurais concevoir
Ce mal qui ne se nourrit que de moi.

 
 

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Dérapage – chroniques bipolaires

 

Dérapage - chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires chroni13
by Marlequeen ©

 

 
 
Je dérape
et la nuit me rejette

Son inquiétude sied à mes démons qui exultent et condamnent mon horizon

Je m’incline

C’est ma vie

Ma vie qui gémit la nausée d’être soi
Elle coule

Tu m’enfermes dans l’anathème qui mélange nos sangs et divise nos cerveaux
Lisa, ma mie, ma sœur
Mon tourment

Mon âme
Comme elle coule
Eau de peine De boue 

Neige maculée me fuit d’entre les vers que je n’écris plus
Ils s’évaporent dans ce désert intime qui m’assoiffe d’autres mots
Pas les miens 

Et si je ferme les yeux
Est-ce que les cris se tairont ?

Est-ce que la mue de mon esprit cessera de flageller mon corps
Sa fatigue douloureuse ?
Alors que mes jambes font semblant de me porter sans effort

Me porter toujours
Nulle part
Nulle part, Lisa

Quand je ferme les yeux
Quand tu pars
Le vacarme de ma vie explose mes tympans

Tu vois
Parfois je te déteste tout simplement 
 
 

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Chroniques d’HP V

 

 Chroniques d'HP V dans Chroniques bipolaires chroni13

 
 
Indéterminée
Vaine
Vacante
Telle est l’essence du temps 

Les secondes s’étirent et s’épuisent
Régurgitent la nausées des années perdues
Dans la douleur
Dérive
Fuite
Pâle survie où seule bavarde la peur et son cortège de doutes inutiles
Abolissant l’espace à remplir d’espoir 

J’en veux au passé brouillon qui a trahit ses promesses
Et m’a laissé vivre dans leur ombre

J’en veux à cet endroit
Qui jamais ne soulage
Jamais ne répare 

J’en veux à la vie
L’inconstance de ses marées
Qui vole le sourire de mon enfant

À vos mots raisonnablement scientifiques
Qui radotent leur sentence
Puisque mon mieux n’est jamais assez 

Mais vers où chanter ?
Dites, vers où chanter l’existence quand elle languit
Défaite
Entre les murailles de ma prison mentale
À jamais otage des mêmes erreurs

Puisque j’ai tort

Je ne voulais pourtant rien
Sinon la femme qui un jour s’est égarée
Dans la détresse éructée de la trahison rougeoyante de ses propres entrailles

Elle ne reviendra pas
Elle ne reviendra pas et je ne sais qu’en faire de cette mort 

Il n’est de pénitence ou rédemption
Et pas plus la vacuité de vos mots
Pour réparer le bris de ma vie.
 
 

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