Archive pour la catégorie 'Chroniques bipolaires'

Chroniques d’HP IV

 

Chroniques d'HP IV dans Chroniques bipolaires chroni10

 
 

Bon anniversaire… 

Les nuages à l’horizon sont d’un gris métallique
qui rappelle mon âme livide qui fond 

Ne pleure pas
Ne pleure pas, Lisa

Qu’en sera-t-il de moi
naufragée dans le ressac de tes larmes ?

Je pourrais m’y noyer à ce torrent d’amertume
qui fuit d’entre mes doigts engourdis et balafre mon visage

Je pourrais m’y perdre pour de bon
Laisser que chute mon âme ridée de mes mains lasses

Mon corps
étranger à sa propre douleur
s’emprisonne de ces murs qui asphyxient la pensée
Du poids de ce toit écrasant ma liberté
mes envies

Ce lieu est la gâchette qui déchaîne les souvenirs assoupis
Cauchemars refoulés des années d’obscurité

Tout redevient vif et brûlant
Le cri de mes entrailles trahies
Le temps sombre et chaotique qui s’oppose à ma vie depuis

Ce jour où j’ai ici déposé les armes pour mieux embrasser la souffrance
qui explosait mon esprit 

Mon enfant Mon enfant Mon enfant pas
fini
Renaît indéfiniment entre ces murs

Ma vie morte jamais n’apprend à oublier

Porte moi, sœur de douleur
de sueur
Je sais ta force
Elle repousse la laideur des murs fardés de folie
dessine le monde en transparence pour mieux le rendre supportable

Sourit encore
Sourit, Lisa

De ton sourire dépend ma vie de faux-semblants
Le combat futile qui danse avec les ombres 
et se nourrit de sa propre morbidité

À ton sourire se voilent les miroirs

Voiler les miroirs voiler les miroirs
indéfiniment
Voiler mon regard

Par ta vie je suis d’ailleurs
Loin de ce couloir où s’épuise ma raison fragile 

Emporte-moi
Loin de mon esprit fantasque
Que j’oublie enfin

Que je survive à l’épreuve inéluctable
qui m’enferme
ici
pour vivre encore demain.
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 26 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Chroniques d’HP III

 

Chroniques d'HP III dans Chroniques bipolaires chroni11
by Hizzer ©

 
 

C’est sans l’ombre d’une épaule que j’arrive en ces lieux une fois encore
Mes paupières ruissellent de douleur tandis que j’esquisse d’un doigt distrait
ton prénom
sur la buée de ma bulle en désordre fragile

Ici
et tout paraît insurmontable
Un univers flou, impitoyable, qui met à vif toute plaie
toute laideur
Réveille les cicatrices engourdies

Les larmes restent immobiles un instant
au bord du cœur
prêtes à déborder sur chaque recoin où se pose mon regard emprisonné

Espace confiné, concentré de cris muets
Souffrances inavouables qui rasent les murs
Ici
peuplé de miroirs où hurle à l’unisson mon infinité de reflets
explose ma bulle en collision avec la tristesse exagérée des couloirs
Ici
tout devient agressif
démesuré
exacerbé
Alors

Alors une fois de plus je voilerai les miroirs pour survivre
Je voilerai les miroirs

J’ai la résilience en deuil, une bougie que l’on éteint d’un soupir
Quand ma solitude danse
je reviens
voilée de ces ténèbres où les chiens fous attendent
en bordure toujours
En bordure
À
 l’opposé de toi, Lisa

Mon ruban de Möbius
mon labyrinthe de Salomon
Tout me ramène à cet endroit
L’usure du temps est palpable et scelle le destin des âmes perdues sur le fleuve tranquille de l’oubli
Ici
mon Léthé personnel

Mais
je n’ai plus à vivre dans cet hiver d’éternité
Je veux porter seule mon âme mutilée de par l’âpre univers où elle chavire
sans ancre

Aspirée
Dépouillée des sentiments dictés par la chimie hasardeuse qui me gouverne

j’écris sans plus savoir quoi ou comment
Chaque heure précieuse est volée à ma mémoire, comme si elle manquaient de place dans ce cerveau qui m’échappe
se retranche
s’évanouit
part
Dérobe ma vie

L’histoire de ma vie, ma présence ici
boucle insoluble
Labyrinthe
où divaguent les fantômes avides qui se pavanent dans mes peurs intimes
Douleur
qui oppresse le cœur
écrase les os
Mon histoire s’affole
ici

Mon regard pluvieux s’attarde sur les murs, tristement ornés d’œuvres des âmes vieilles
et bavardes qui habitent ces couloirs
et mystérieusement s’en retournent vers une enfance ambiguë et inquiétante
Papier mâché, collages malhabiles, aquarelles
Bavardages Bavardages
Bourdonne dans ma tête autant d’insanité

Et partout le poids pesant de leur multitude furtive revient de mon passé
Sans cesse recommencé
Sans cesse condamné

L’histoire de ma vie
Je suis fatiguée
L’histoire de mon austère maladie
toujours réinventée au gré d’humeurs labiles et imprévisibles
Histoire
discrètement implacable

Mais voyez
j’avance, pas mesuré, compté
impavide, tête levée
( Lisa, tu rôdes, ma sœur, tu rôdes)
Rester indemne aux yeux qui scrutent et questionnent
Mais voyons…
feu de simulacre, je reviens vers vous soumise
en réalité
Je reviens et tairai encore ce qui me phagocyte de l’intérieur
Recroquevillée sur moi-même, dérisoire effort pour disparaître dans ce mal invisible qui me ronge lentement
Lentement

Le verbe est impuissant, laissez l’encre le dire

Vous échouez à me rendre une âme neuve
nettoyée
Un cerveau rangé
Une raison de vivre la vie que je ne reconnais pas
que je ne décide plus

Que je ne veux pas

 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 11 août, 2015 |Pas de commentaires »

Lettre ouverte – chroniques bipolaires

 

Lettre ouverte - chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires chroni11

by Norvz Autria ©

 
 

J’ai survécu à la lune de toutes les moissons
Je ne porterai plus le masque qui vous console
et m’étouffe 

Je pense à vous
souvent

Mes amours que ne s’affaisse pas
ma nuit sur vos épaules
Tandis que l’esprit s’enlise, mon corps renonce à cette lutte immuable

J’habite cette déchirure sans nom
Je ne sais plus vivre votre monde
et votre évidence signe ma désespérance

J’ai quitté pour toujours l’odeur du bitume brûlant
des voyages vers vous
Les rires qui se veulent rassurants
leur élan
qui confortent votre chemin imperturbable
À mes dépends

Que l’on me pardonne

Je prends la douleur au corps
la raison qui s’oublie dans sa propre fracture
et renonce à l’existence mutilée
que je ne veux plus goûter

Que l’on me pardonne
de dépérir à trop vouloir vivre une vie comme la vôtre
et de n’avoir mal que de moi
Mais tant
et tant 

Laissez que cette fêlure en mon âme
qui s’éblouit dangereusement de votre lumière
vous éloigne de ma vie
Ma vie incompréhensible
qui gifle en silence toute tentative de sourire

Qu’on me laisse à ma solitude
solidaire
de l’implacable ténacité de mon pas
chancelant, je sais
Je
sais

J’ai perdu le compte de mes blessures
Je n’arriverai pas au bout du destin que vous avez tressé pour moi
et la chanson qui me porte ne sera jamais chantée
Tout griffe mon esprit vacillant et l’affaiblit tout autant

Le temps le temps le temps est
une urgence
voir s’épanouir la vie de mon enfant
Un endroit différent du vôtre
d’où s’effacent les ombres furtives des souvenirs 
de nous

Ce qu’il vous en aura fallu pour m’abandonner à mes instables marées
se mêle à
ma sempiternelle convalescence
mouvance indéfectible

Ce qu’il m’aura fallu pour vivre seule ce carnage
Multitudes de naufrages
vomissures de haillons rescapés venant draper de deuil mes dépouilles d’insolente dignité

Ce qu’il m’aura fallu pour renaître de mes chutes
et les choses qu’il faut perdre pour apprendre à renoncer
celles qu’il faut vivre pour avoir le droit d’en rire

Puisque je ne vis plus que dans cette inquiétude
à l’affût des démons qui guettent et se bâfrent de cette erreur de l’âme
Puisque rien n’existe vraiment en dehors des éclats de tourmente des poisons las qui me retiennent
et me tuent 

Permettez

Je vous libère
de mon impudeur, l’inconfort de mon ivresse bavarde
de mes sombres silences, mon absence distraite
ma lenteur fatiguée et douloureuse
Qui trébuchent sur vos vies vibrantes 

Je vous libère, allez
Laissez que j’embrasse les parenthèses de mon temps fantôme retrouvé

Mes amours
sans crainte
sans ressentiments
laissez-moi mourir à votre monde bruyant et coloré
Il m’épuise

Mourir à moi
Purge nécessaire à toutes mes erreurs et mes faux pas

J’irai vivre ailleurs 

Dans un ruisseau à la menthe
Le silence d’une prière
païenne
Une île turquoise qui repose dans la solitude d’un océan ombrageux
Loin

Loin
Pour le chant d’amour d’un écureuil
L’appel envoûtant des loups au crépuscule
de mon printemps
Dans le bruissement de mon chêne
peut-être
épousant ses racines 

Sourde à la frénésie des voix qui font mal
j’irai vivre ailleurs

Sans plus vous salir
de l’odeur douce-amère de mes humeurs malades
absurdes
qui vous écœurent
Réveillent vos peurs enfouies
et les monstres qui attendent la nuit sous vos lits d’enfants apeurés

Loin, tout est bien
lisse
Mes anges précieux
j’irai vivre loin 

Sachez pardonner ce que votre raison ne peut concevoir
L’invisible à vos cœurs
sont les chaînes qui me cassent.

 

 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 10 août, 2015 |Pas de commentaires »

Chroniques d’HP II

 

Chroniques d'HP II dans Chroniques bipolaires chroni10
by  zemotion ©

 
 
J0

La nuit me fuit, le sommeil m’oppresse comme une urgence
Je serai forte 

J1

Ce que coûtent quelques marches à gravir, une porte à franchir
en apnée
Qui saurait dire le prix du courage de vivre encore mais d’en souffrir toujours

Tout ici m’agresse viscéralement et entre en antagonisme brutal avec mon épiderme même.

Ma vue, mon odorat, s’affolent de façon animale et cherchent une porte de sortie, de survie
Une bouffée d’air froid, un morceau de ciel pastel
uni

Un endroit pur
non vicié par ces pensées qui parasitent les couloirs familiers et trouvent un miroir en mon propre cerveau

Ce cerveau qui rétrécit
s’enfonce et se fond en lui-même comme un fœtus difforme régresse embryon maladroit et silencieusement mourant

Ainsi, dépossédée de mon unicité, dépersonnalisée, pliée, soumise
derrière des fenêtres résolument scellées
je commence à oublier qui je suis pour obéir à des règles visant à protéger le monde et moi
de moi.

C’est mon armure qui s’effondre, ma bulle qui éclate et déverse en en pluie incontrôlable les larmes de décembre

J2

J’ai mal aux yeux

Vos regards désinhibés me donnent la nausée

J’échange ma dose de confiture contre un peu d’intimité, une douche seule avec moi-même, une porte close
un volet laissant passer un rayon de lune

Je n’arrive pas à réfléchir
Pour une raison qui m’échappe quelqu’un a décidé que je devais dormir vingt heures par jour

Dormir, manger hébétée, avaler des pilules, dormir encore
Je perds le sens du temps

J4 ou 5, je ne sais plus

Que l’on m’achève la prochaine fois que je donnerai mon accord pour venir pleurer toutes les larmes de mon corps en cet endroit d’où le mot dignité a été banni
Seules les âmes qui y rayonnent sont aussi perdues que moi

Je n’arrive plus à lire, ne parlons pas d’écrire

Je ne sais pas pourquoi mes yeux sont si brûlants, j’ai l’impression qu’ils vont se liquéfier et fondre le long de mes joues

Inopinément je pense à Stephen King :  » Les monstres existent mais pas sous notre lit, ici et  maintenant c’est le lieu où ils se réveillent et se rient de ma souffrance « 

Ici et maintenant
ils s’apprêtent à me dévorer lentement, très lentement.

J indéterminé 

Je ne sais même plus très bien ce que je fais là, j’apprends à ne pas parler à tout le monde
J’ai toujours des problèmes avec certains membres du personnel 

Je pense que j’en aurais aussi si j’étais amenée à travailler avec eux
la façon de les résoudre serait différente sans doute

Dans ma position actuelle je ne suis qu’une proie comme les autres, un esprit brisé
facile à maintenir sous le joug de ceux qui ne méritent pas cette profession 

Toujours est-il que le temps s’éternise
Il fouette ma raison vacillante d’une terrible notion d’éternité

Il faudra bien que l’on me laisse sortir, je fonctionnerai selon les normes et plaquerai un sourire convaincant sur mes lèvres
Je sais faire ça

Je voudrais ne plus entendre les pas lourds qui parcourent le couloir sans relâche, creusant ce sillon sale sur leur passage

J indéterminé

Je ne sais plus bien depuis combien de temps je suis ici, mon regard heurte les mêmes murs tous les jours

Je ne sais plus trop pourquoi non plus, à quel dénouement magique m’attendais-je ?
Quelle dose d’espoir dans une âme humaine avant qu’elle ne comprenne enfin ?

Quel est donc leur jeu, les règles m’échappent, la tête me tourne et je ne vais nulle part
Rendez-moi mon âme et laissez-moi partir.
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 14 juillet, 2013 |Pas de commentaires »
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