Archive pour la catégorie 'Chroniques bipolaires'

Équilibre suicide – Chroniques bipolaires

 

Équilibre suicide - Chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires chroni10

 

 

J’ai la fièvre bavarde des fous, de leurs âmes affamées d’absolu
J’assassine l’ombre des heures d’un coup de crayon chagrin soumis au cahier 
pour encore quelques vers imbuvables au refuge de ma bulle

J’ai le sursis qui s’épuise quand l’horloge dramatise la course des nuits exsangues
et la lutte inconsciente des esprits qui s’acharnent à griffonner leurs rêves sur l’incertitude d’un horizon menteur

Mon chemin chétif n’a guère que l’illusion pour étourdir son épreuve imbécile

Sur mon fil, équilibre suicide
je funambule
inflexible
Mes pathétiques passions narcotisées, le regard qui s’arrime à ma ficelle ténue
j’équilibre ma vie anorexique

Ses endorphines capricieuses cassent mon rire et voilent mon regard
J’affabule la foule d’auto-dérision suspendue à vos yeux perplexes
indolents
qui présument la chute

Que ne savent-ils encore que j’ai la souffrance discrète ? 
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 4 mai, 2013 |Pas de commentaires »

Je n’ai pas d’air – chroniques bipolaires

 

Je n'ai pas d'air - chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires chroni10
Zademack ©

 

 

J’ai pris l’habitude de vivre
comme d’autres se lèvent chaque matin
Répétant sans y penser
les même gestes d’une routine millimétrée
je vais


Hébétée Tête saoule
Un peu absente
spectatrice imprévue de ma propre dérive
le monde s’éloigne un peu plus chaque jour

J’embrasse sans même le vouloir
le courage létal d’une résilience entêtée
Peut-on vaincre la nuit quand elle attarde ses ombres ?


Dessine-moi une histoire
d’un soupir
du bout des doigts
à contre courant
À contre cœur de mon pouls frémissant
en fin de vie
fin d’envies
Faim de nuit pour la solitude qui dépérit
entre absurdité et chaos 


Raconte-moi toi
ton monde où je ne suis pas
Tes heures métronomes qui passent
infidèles
au large de moi
Ton temps parallèle
à ma fièvre bavarde 


Si je savais seulement respirer encore
Avancer sur le fil de mon jour
sans un regard sur l’envers
son décors malmené


Sans crainte du futur imparfait
que je ne vous construis pas
mes anges exquis

Je n’ai pas d’air
Seul votre souffle me retient
Je n’ai plus d’air
Je n’ai plus d’air
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 14 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

Chroniques d’HP I

 

Chroniques d'HP I dans Chroniques bipolaires chroni10
Time By Emilie Léger ©

 
 

Temps 0

C’est le temps des saisons chaudes.
J’ai marché de par les collines assoiffées, éclaboussée par un soleil implacable.
Tu as rendu la caresse de ses rayons à mon visage inquiet.
Le sol brûlait et crissait sous mon pas chancelant, mais heureux.
C’était l’heure de l’amour sans nom.
Et le soleil brûlait et ton regard tendre caressait mon prénom…

L’heure des ténèbres

C’est l’heure de l’insécurité.
Depuis plusieurs jours il fait noir et, où que j’aille, je n’aperçois que mon squelette blanchâtre, par quelque cruel jeu de miroir.
Je pleure à m’en arracher les paupières et je crie misérablement ton nom.
Mais il fait si noir !
Un noir qui pulse, un noir qui mastique… je l’entends se joindre à la rumeur dans ma tête, emportant tout sur son passage et noyant ton nom.
Il me faut attendre encore.
Combien d’heures depuis les derniers ?
Où est l’heure ? Je ne vois rien que la boite devant moi.
Combien de losanges encore pour repousser l’obscurité et retrouver le silence ?
Quelle importance quand une boite suffirait à retrouver la paix ?
Je hurle ma peur par-dessus l’obscurité et le tumulte, je trébuche dans le noir qui mange l’âme, un nom peut encore me montrer la lumière et je le murmure dans mon secret.
Adrien… son tee-shirt contre mon visage, recroquevillée dans son lit d’adolescent, je le psalmodie en un ultime recours.
Quelques losanges pour faire bon voyage et ma main salvatrice sur le téléphone, je me rends, épuisée.

Le temps de l’indifférence

Le temps qui cède là où règne la loi de la souffrance.
J’ai voyagé de par des couloirs trop éclairés pour mon regard blessé.
Le brancard roulait et me berçait et personne ne savait mon nom.
Les râles autour couvraient la débilité de mes propres gémissements.
Les blouses s’affairaient.
La lumière blessait.
Mais mon nom, personne ne le savait.

L’heure de rendre les armes

Mon amour, ils ont délicatement blessé ma dignité, confisqué mes anti-douleurs et mes vêtements.
Je suis restée nue et dépouillée à fredonner ton nom.
Je crois que j’ai bien fait.
L’odeur d’antiseptique ne camoufle en rien celle de ma cellule claustrophobique.
Les murs sont d’un bleu apaisant et le linge est propre, mais la fenêtre reste fermée. A clef.
Je pense à vous, mes amours, je vais enfin pouvoir reposer.

Le temps de la solitude

Le visage familier de la solitude est un non-sens, ici.
Celui qui m’est nécessaire, que je cherche instinctivement du coin de l’œil. Le seul endroit au monde où je suis moi, sans regards, ni miroirs.
Ce lieu est surpeuplé de présences bruyantes, de pas furtifs ou traînants, de cris… de regards.
De tant et tant de regards que ça en est étourdissant.
Aucun n’est anodin, aucun ne se dissimule, il n’y a pas de secret possible, la chimie fait s’effondrer les dernières barrières du subconscient.
Il y a les regards compatissants, les curieux, ceux qui convoitent et ceux qui espèrent un point d’ancrage dans d’autres yeux de noyé.
Puis, terribles et rassurants, le regard attentif des blouses… il pèse, mesure, compte, surveille, déchiffre.
Une liste exhaustive des regards qui peuplent cet endroit serait fastidieuse,  impossible, mais on échappe à aucun d’entre-eux.
Et je me sens si terriblement seule. Où est ma bulle ?
Cette vie ne m’appartient pas.

Le temps du temps

Le temps se rythme à des besoins primitifs tels que l’odeur peu appétissante des repas ou le vacarme du chariot à roulettes et son orgie de pilules colorées.
Mais il y a les heures vides qui griffent mon cerveau et bloquent toute autre pensée.
J’essaie de réapprendre à lire pour tromper le temps quand, inopinément, il s’arrête.
Je fais de mon mieux, mes amours, même si la peur guette à chaque détour et fait de chaque nuit une lutte sans gagnants.
Et surtout, je n’oublie pas de guetter l’ombre, de crainte qu’elle ne s’allonge.

Le temps du soulagement

Si je meurs… si je meurs, je ne serai coupable de rien. J’ai rendu mes armes. 
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 14 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

Tant qu’à me perdre – chroniques bipolaires

 

Tant qu'à me perdre - chroniques bipolaires dans Chroniques bipolaires etsi1

 
 
J’aurais fixé l’horizon
que mange le sommet des collines
jusqu’à ce que s’éteigne le soleil

Mais mon regard perdu sur les pavés
s’arrime aux lignes géométriques
qui dictent la justesse de mon pas

Tant qu’à m’y perdre
j’aurais fixé l’horizon

Je dors en marchant
les jambes démantelées par l’épuisement
la gorge qui s’étouffe d’un soupir

Je tiens pourtant debout
les ficelles qui m’animent bien trop tendues
j’en sens à peine le sillon sur mon cou

Sous mon regard de noyée
les lignes impavides du trottoir

Je sais que je viens vers vous
la pensée emprisonnée dans une autre histoire
et la poitrine ouverte sur la mort

Quitte à mourir debout
que je revienne encore vers vous
 
 

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Publié dans:Chroniques bipolaires |on 11 décembre, 2012 |Pas de commentaires »
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