Archive pour la catégorie 'Esquisses Immatures'

Les Fées

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J’ai suivi les Fées
En leur naufrage nocturne
Sous le regard voilé
D’un hibou taciturne

Comme elles drapée
D’un lourd manteau de brume
J’ai longtemps marché
Dans leur sillage d’amertume

Des chants s’élevaient
De leur cortège d’exilées
De lents murmures inquiets
Aux accents torturés

J’ai suivi ces Fées
Que les hommes ont censuré
Elles errent égarées
Dans un monde chaviré

Et le fer à leur pied
Crie sa sinistre clameur
Tandis qu’en soupirs fatigués
Leur plainte arride se meurt

J’ai dansé leur peine 
Telle une ombre parmi elles
Belles et lointaines
Comme en un sombre rituel

Mais nous n’entendrons plus
Vibrer les rires cristallins
Leurs voix célestes se sont tues
Brisées sous l’appel du tocsin

Seules les effluves surannées 
De leur rêve emmuré
Viennent à s’exhaler
De leurs lèvres vanillées

Et la triste musique
D’une cithare désabusée
Berce la fuite pathétique
De ces silhouettes éthérées

J’ai pleuré comme elles
Dans le refuge de la forêt
A préservé pour celles
Qui ont vécu de ses secrets

Puis j’ai vu se pencher les cieux
Et les étoiles se désaltérer
Tout au bord de leurs yeux
Leurs yeux graves de noyées

Sur les tendres joues humides
De rosée lacrymale
La nuit parfois suicide
Ses aurores boréales

J’ai suivi ces Fées

Et dans le gouffre étoilé 
De leurs pupilles démesurées
S’éteint la flamme violée
De leur mémoire exaltée

J’a perdu la trace
De ces Dryades au teint moiré
Au bord des rives oú se prélassent
Les eaux dolentes du Léthé

Là oú des Faunes musqués
Guides de leur captivité
Mènent l’errance affligée
De ces reines échouées

Et dans les brumes luminescentes 
D’un fleuve désenchanté
Glissent des barques hésitantes
Vers une pénombre redoutée

J’ai suivi ces Fées 
Aux confins de leur disgrâce
Entendu les sanglots étouffés
Avant que le vent ne les efface

J’ai suivi ces Fées 
Que les hommes ont censuré
Elles meurent résignées
Dans l’oubi facile du Léthé
 
 

 
 

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Publié dans:Esquisses Immatures |on 5 avril, 2021 |Pas de commentaires »

La vieillesse des souvenirs

 

La vieillesse des souvenirs dans Esquisses Immatures la_vie10

Álvaro Roxo ©

 
 
J’ai la vieillesse des cailloux
Que foule notre pas désinvolte
Débris poussiéreux et importuns
Tenaces à s’accrocher sous nos semelles 

Combien de mémoires, le sait-on
S’effritent ainsi à notre insu
Sur les routes infinies de nos vies
Où donc s’en vont nos souvenirs perdus ?

Quand la poussière des étoiles
Répand son abondance sur le monde
En pluie secrète à nos regards
Est-ce là que l’univers s’enlace ?

Un rien de nos vies négligeables
S’enchâsse sûrement dans ce joyau
De l’union suprême et primitive
Ciel et Terre en fusion ancestrale

Avant de me dissoudre en ce royaume
Grain misérable sous vos semelles,
Laissez que mon histoire imparfaite
Partage encore un peu vos errances

Je cherche toujours mes souvenirs perdus
 
 

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Publié dans:Esquisses Immatures |on 12 août, 2013 |Pas de commentaires »

Un soleil qui s’en va

 

Un soleil qui s'en va dans Esquisses Immatures comme_10
Simon Byrne ©

 
 

C’est comme un soleil qui s’en va
Cette amitié qui disparaît
Et cet amour que je n’ai pas
Nous noie dans son obscurité

Je vais m’éteindre sans un bruit
Et me dissoudre dans la nuit
Je vais me perdre dans l’oubli
Et puis renaitre sans un cri

Je vais partir comme cette étoile
Qui va mourir dans l’infini
Et qui vient étouffer ses râles
Dans les replis de ma folie

Car je n’ai plus besoin de toi
Tu peux partir je t’oublierai
Ravale tes larmes et tes pourquoi
L’amour n’est pas ce qu’il parait

Tu dois te fondre dans l’espoir
Que tu peux vivre hors de mes bras
Et te briser dans le miroir
Pour me détruire à travers toi

Il faut rêver à d’autres cieux
Chuchoter sur un autre sein
Et puis me maudire si tu peux
Auprès de toi je ne suis rien

Car je n’ai plus besoin de toi
Il faut partir et sans regrets
Il faut partir même si ma voix
Te murmure encore ses secrets

C’est comme un soleil qui s’en va
Cette amitié qui disparaît
Et cet amour que je n’ai pas
Nous noie dans son obscurité

 
 

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Publié dans:Esquisses Immatures |on 22 mai, 2013 |Pas de commentaires »

Dissonances

 

Dissonances dans Esquisses Immatures contra10

 

Je veux le ciel et l’eau
Pour m’enivrer de liberté
Pour que s’y noient ces mots
Que j’ai tant besoin de crier

Et la terre et le feu
Pour te bercer dans ce brasier
Et qu’à jamais nous deux
Soit une photo déchirée

Je veux la vie la mort
Sourire de te voir pleurer
Que désormais ton corps
Ne soit que cendres du passé

Et le jour et la nuit
Je veux t’entendre supplier
Et sangloter sans bruit
Sur ce bonheur assassiné

Je veux le ciel le feu
Que m’emporte l’éternité
Je veux la terre et l’eau
Pour survivre en réalité

Je veux ta vie cette nuit
Et puis mourir de tant t’aimer
Je veux ce jour l’aurore
Pour simplement me délivrer

Je te regarderai souffrir
Et je te sentirai mourir
Et pour toi je souffrirai
Avec toi je partirai

Je baisserai mes cils salés
Pour ne pas t’écouter pleurer
Et pour ne pas voir la beauté
De ton silence désolé
 
 
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Publié dans:Esquisses Immatures |on 31 mars, 2013 |Pas de commentaires »
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