Archive pour la catégorie 'L’écrit de l’ombre'

Stigmate – chroniques bipolaires

 

Stigmate - chroniques bipolaires dans L'écrit de l'ombre stigma11
Monika Serkowska ©

 
 
Ton regard me connaît à peine
Que déjà tu inventes mon histoire
Sans savoir ce qui pèse sur mes soirs
Et comme les monstres savent dévorer sans haine 

Tu juges sans complaisance
Qu’un grand chagrin ne saurait naître
Du rien Et pas plus se repaître
À l’infini d’un vide immense 

Tu juges
Mais tu ne sais pas
Passe au large de moi 

Tu avises sans comprendre vraiment
Mon pas incertain qui chancelle
Et comme la vie me coupe les ailes
Me casse Me courbe Obstinément 

Le mépris de ton soupir me blesse
Quand exaspéré il m’effleure
Sans voir que doucement je me meurs
Et combien je la fais discrète cette détresse 

Tu juges Tu jauges
Tu ne sais pas
Passe Passe

Tu entends sans jamais saisir
Ma fièvre qui se perd, labile
Dans la fuite de ma pensée futile
Tandis que je peine à tout vouloir écrire 

Oui, j’ai la douleur bavarde parfois
Comment le dire puisque jamais tu n’écoutes
Que moi-même sombre dans le doute
Quand le grand silence jette son ombre sur moi 

Tu juges
Va
Tu ne sais rien

Des démons imbéciles qui festoient
Au moindre repli de ma mémoire
Jamais tu ne saurais concevoir
Ce mal qui ne se nourrit que de moi.

 
 

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Publié dans:L'écrit de l'ombre |on 26 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

Convalescences

 

Convalescences dans L'écrit de l'ombre conval11

 
 

Les grands pins me parlent et leur chanson est rassurante.

Ils laissent les rayons du soleil se promener entre leurs rangées gracieuses et venir me toucher de chaleur aromatique.

Leur grâce pérenne défie l’usure du temps morose.

Les grands pins me saluent gentiment.

Un vent joueur fait grincer leur écorce de géants centenaires et cette déchirure m’est familière,
un écho profond résonne dans ma poitrine
que je reconnais.

Le bois des grands pins répond à la prière païenne que je murmure secrètement à leur sagesse ancestrale.

Leur chanson rassurante
me dit que partout où je pose mon pas mes racines seront fécondes.
Et que mon histoire ne sera pas oubliée.

Elle dit comme la brise porte loin ma voix et que j’écris pour des milliers.

Les grands pins sont mon toit.

Ils racontent le fleuve qu’ils aiment tant
qui charrie des humeurs labiles et déroutantes.
Comme moi.

Et aussi qu’ils m’aiment tout autant.

Que je serai toujours en sûreté sous leurs branches majestueuses.

Il suffirait que je le vois.
Il suffirai que je laisse aller le nuage toxique dessus mes pensées confuses.

Il faudrait que mon esprit ne ralentisse plus la course des nuages.

Ils m’offrent le souffle du vent apaisé
sa douceur sucrée que le soleil embaume.

Je me dis qu’ils ont ce qui me manque de sève et de majesté.
Que mon âme de damnée ne mérite pas leur abri généreux.

Je les contemple avec déférence et m’amuse des jeux d’ombres et de lumières où s’agite toute une frénésie d’insectes.
Je parie qu’ils sont ivres de la chaleur balsamique qui s’exhale des grands pins.

Les grands pins me saluent.
Les grands pins m’ont reconnue.

Leur danse immuable abolit l’érosion du temps qui s’efface,
apaise toute peur, toute douleur.

Je pourrais passer l’éternité à me laisser bercer par leur chant ancestral qui fait reculer mes démons impatients.
À écouter le clapotis du fleuve,
il s’en va et s’en revient, goûter aux racines des grands pins.

Leur armée de géants veille aussi sur mes nuits

Mes indicibles nuits qui se réveillent soulagées lorsque grincent les grands pins.

 
 

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Publié dans:L'écrit de l'ombre |on 23 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Lisa, ma lune

 


Image hébergée par servimg.com
by Daria Endresen ©

 
 
Tout repasse
tout autour de toi, Lisa
Ma sœur
mon âme contraire

Tout lasse de l’autre côté du soleil
Je me heurte à la foule
qui me ralentit
Rétrécit mon parcours chétif

Tu vas
tête haute, Lisa
Tête haute
Le regard obstinément absent
perdu sur un lointain destin
Un qui serait encore vivant

Sur le devant de la scène
impassible à la lumière qui me blesse
tu avances
Ton pas s’applique, tranquille
tandis que mon ombre recule
se terre sur elle-même

Quand l’angoisse des draps froissés
vient brûler ma mémoire
c’est encore ta main indifférente ou rédemptrice
qui porte à ma bouche écœurée
la chimie complice
Qui feint l’oubli

Et tandis que je gémis
dramatique
le vide d’un adieu muet
Lisa, ma mie
tu poses une pierre endeuillée de mots implacables
de lâcheté fuyante au dernier petit matin
dessus mon chagrin inutile

Que ma volonté vacille
veuve pétrifiée dans son désespoir
dérisoire
dérisoire
tu me cingles du souvenir qui ravage les châteaux de sable
et des marées inlassables
qui brisent
les rêves

Tous les jours
tous les jours, pour que je m’en souvienne

Lisa, fille de l’éphémère
tandis que ma muse vomit l’insanité
des vers qui ont bousculé ma vie
tu veilles.
 
 

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Publié dans:L'écrit de l'ombre |on 29 juillet, 2015 |Pas de commentaires »

Fit to drop

 

Fit to drop dans L'écrit de l'ombre 25184510
by Kassandra ©

 
 

 Absente, l’autre moitié de mon sourire
Dolente
la fugue de mon esprit
quand redescend la brume sur mes yeux
Morbide, je m’attache au chien fou
qui mastique bruyamment mon cerveau
vaguement douloureux

Sans toi
je m’attache
à la lenteur évasive de mes gestes
Je m’égare dans la masse sombre
qui emprisonne ma tête et rétrécit mes pensées
Et je dors
affranchie de l’imposture que m’impose le monde
dans sa tragique hypocrisie

Sans toi, j’erre sans mot dire
entre deux-eaux
brouillard fugitif prompt à asservir
le règne en guenilles du reste de ma vie
Ma vie
et ses matins sans lendemain

Où es-tu
tandis que je me défais, où es-tu
Je glisse Eau de tourmente
Et mes nuits lancinantes subissent la privation
de ta main sur moi

Moi moi moi
et
moi sans joie
Sans attente à remplir
la vacuité de l’espace
qui portait ton nom

 
 

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Publié dans:L'écrit de l'ombre |on 9 décembre, 2014 |Pas de commentaires »
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